La fin de vie en Europe: le point sur les pratiques médicales
Résumé
Les médecins sont de plus en plus conduits à prendre des décisions médicales susceptibles d'abréger la vie de leurs patients très âgés. D'après l'enquête Eureld menée dans six pays européens, un quart à la moitié des décès font l'objet d'une décision médicale de ce type. Il s'agit principalement de la mise en oeuvre de traitements de la douleur susceptibles d'abréger la vie (19 % de l'ensemble des décès en Italie, 26 % au Danemark). Les décisions médicales avec intention explicite de hâter la mort du patient concernent de 2 % (Italie) à 21 % (Suisse) des décès. Elles consistent soit à ne pas mettre en oeuvre ou à arrêter un traitement, soit à administrer ou prescrire des substances létales. Patients ou familles sont généralement associés à cette décision : dans 68 % des cas en Italie et dans 95 % aux Pays-Bas. L'euthanasie active par administration d'une substance létale reste rare.