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La mortalité en France en chiffres : les causes de décès

Les causes de mortalité en quelques questions clés

Graphique : Évolution de la mortalité par causes de décès en France de 1925 à 2021.
De quoi mourrait-on le plus il y a un siècle ? Est-il vrai que le cancer est désormais la principale cause de décès ?

Tableau : Mortalité par sexe et groupe de causes de décès, en nombre de décès pour 100 000 habitants.
A structure par âges fixe de la population, la mortalité due aux maladies cardio-vasculaires diminue-t-elle ? Sur quel groupe de causes de décès transparait l’épidémie de Covid-19 ?

Quelques notions et précisions préalables

Les statistiques des causes de décès reposent sur les informations mentionnées sur le certificat médical de décès rempli par le médecin constatant le décès d’une personne et par lequel il décrit l’enchaînement des causes ayant conduit au décès. L’Inserm procède au codage de toutes des informations selon la classification internationale des maladies (OMS), afin de déterminer la cause initiale du décès. La cause initiale (ou principale) du décès est la cause considérée comme étant à l’origine du processus ayant conduit au décès. Le fait que les décès surviennent à des âges de plus en plus élevés chez des personnes souffrant de plusieurs pathologies chroniques intriquées les unes dans les autres, peut rendre délicate cette identification. 
L’analyse des taux de mortalité par cause permet de mieux comprendre les évolutions de la mortalité, qu’il s’agisse de changements soudains ou de tendances de long terme.

 

Mortalité par causes de décès en France de 1925 à 2021

Gilles Pison, Laurent Toulemon, Population & Sociétés, n° 631, mars 2025, Ined.
Note : * taux standardisés de mortalité, calculés à partir des taux par âge observés chaque année à une structure par âge fixe.
Sources : Inserm-CepiDc, Breton et al. 2024

Lire le graphique

A chaque décès sur le territoire national, un médecin est chargé d'indiquer sur le certificat l'enchaînement des causes médicales attribuables au décès. Le certificat est ensuite remis au bureau d'état civil, qui envoie la partie administrative à l'Insee et la partie sur les causes du décès, scellée pour protéger la confidentialité des informations, à l'Inserm. L’Inserm procède au codage de toutes les causes mentionnées selon la classification internationale des maladies (OMS), afin de déterminer la cause initiale du décès. La cause initiale (ou principale) du décès est celle à l’origine du processus ayant conduit au décès. L’analyse des taux de mortalité par cause permet de mieux comprendre les évolutions de la mortalité, qu’il s’agisse de changements soudains ou de tendances de long terme. Dans la mesure où le niveau de la mortalité est influencé à la fois par les risques de décès à chaque âge et par la structure par âge de la population, structure qui a considérablement varié au cours du 20ème siècle en France avec le vieillissement de la population, nous avons représenté ici des taux dits comparatifs, c’est-à-dire affranchis des effets de la structure par âge, pour faciliter la comparaison au cours du temps.

La baisse séculaire de la mortalité par maladies infectieuses

Les progrès considérables de l'espérance de vie à la naissance au cours du 20ème siècle ont d'abord été imputables à la baisse de la mortalité par maladies infectieuses, particulièrement rapide au cours de la première moitié du siècle. D'abord due aux progrès de l'hygiène et de l'alimentation, engagés dès la fin du 18ème siècle en France, elle est largement attribuable à l'efficacité des campagnes de vaccination et à la découverte des antibiotiques dans les années 1930, puis leur diffusion massive, dans les années 1940 et 1950. Le taux comparatif de mortalité par maladies infectieuses, qui atteignait plus de 700 décès pour 100 000 habitants au milieu des années 1920, a été réduit de moitié pour atteindre 350 au lendemain de la Seconde Guerre Mondiale, puis à nouveau, pour atteindre 140 en 1958, et moins de 50 à partir de 2000 environ. La baisse, qui s'est donc poursuivie jusqu'à nos jours, a été interrompue par la guerre et par les épidémies successives mais de moins en moins meurtrières au fur et à mesure de la diffusion de la vaccination (en ce qui concerne la grippe tout particulièrement et, plus récemment, la COVID-19) et des progrès médicaux (dans la lutte contre le VIH-SIDA notamment).

Le contrôle des maladies chroniques

Dès les années 1930, les maladies infectieuses, autrefois première cause de décès, ont cédé la place aux maladies cardiovasculaires qui sont demeurées en tête du classement jusqu'à la fin des années 1980. Le contrôle des maladies cardiovasculaires a été initié au cours des années 1960 et l'augmentation de l'espérance de vie à la naissance des années 1970 et 1980 lui est presque entièrement attribuable. Cette évolution a été possible du fait, à la fois, des changements de comportement (avec la découverte des liens entre tabagisme et mortalité et les campagnes anti-tabac associées à une législation de plus en plus stricte qui s'en sont suivies), des progrès de la médecine préventive (invention des bêta-bloquants et des statines en particulier), de la chirurgie (la première opération à cœur ouvert a eu lieu en 1976) et de l'organisation des soins (avec la mise en place d'unités de soins coronariens spécifiques). Le taux comparatif de mortalité par maladies cardiovasculaires a ainsi été divisé par presque 10 entre 1940 et 2020, passant de 730 à 85 décès pour 100 000. Les cancers ont pris la tête du classement des principales causes de décès en 1991. Le taux comparatif de mortalité par cancer avait atteint son maximum quelques années auparavant (225 pour 100 000 au début des années 1980). Il diminue depuis sous l'effet du recul de la consommation d'alcool et de tabac. Les effets du tabagisme sur le taux comparatif de mortalité par cancer ne s'observent en effet qu'avec une trentaine d'années de retard, alors qu'ils sont pratiquement immédiats en ce qui concerne la mortalité par maladie cardiovasculaire. La baisse de la mortalité par tumeur maligne s'explique également par l'efficacité des campagnes de dépistage et de prévention pour les cancers les plus meurtriers (utérus et sein pour les femmes, prostate pour les hommes, intestin pour les deux sexes) et des progrès en matière de traitement (leucémie et cancer du poumon notamment) au cours des deux ou trois dernières décennies. Ce recul est toutefois beaucoup plus lent que ne l'a été celui des maladies cardiovasculaires du fait de la moindre efficacité des traitements et des effets différés des comportements tabagiques des femmes chez lesquelles la proportion de fumeuses a baissé beaucoup plus tardivement que chez les hommes.

Mortalité par sexe et groupe de causes de décès, en nombre de décès pour 100 000 habitants (*)

Champ : France hexagonale.
(*) Taux comparatif calculé à partir des taux de mortalité par groupes quinquennaux d’âges (en années révolues) de la population standard européeenne (selon la structure proposée par l’OMS).
Source : F. Meslé jusqu’en 2013 et par les auteur-e-s depuis 2014 à partir des données CépiDc-Inserm et depuis 2022 via le Système National des Données en Santé (SNDS) (voir Tableau A.13, Annexes : "L’évolution démographique récente de la France 2025", conjoncture démographique).