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La mortalité en France en chiffres : décès avant l'âge d'un an

La mortalité infantile en quelques questions clés

Graphique : Evolution du taux de mortalité infantile depuis 1795 
Au milieu du 18e siècle, dans quelle proportion les enfants mourraient-ils avant le premier anniversaire ? Quelles sont les causes des grandes crises de mortalité au fil des époques ?

Tableau : Evolution du taux de mortalité infantile depuis 1994 
Comment a évolué la mortalité infantile au cours des 30 dernières années ? Est-il vrai qu’elle tend à remonter ?

Quelques notions et précisions préalables

Le taux de mortalité infantile d’une année donnée est le rapport entre le nombre d’enfants décédés dans leur première année et l’ensemble des enfants nés vivants de cette même année. Selon la définition de l’OMS, un nouveau-né est considéré vivant si à l’accouchement, il respire ou manifeste tout autre signe de vie. Les enfants sans vie (ou mort-nés) ne sont pas inclus dans la mortalité infantile, quelle que soit la durée de la grossesse et la viabilité. La mortalité infantile ne doit pas être confondue avec la mortalité périnatale qui est la somme des mort-nés (mortinaissance, au terme de 6 mois de grossesse) et des décès au cours du premier mois de vie (mortalité néonatale). La mortalité infantile est un bon indicateur conjoncturel de l’état de santé d’une population car elle est davantage soumise aux conditions de santé maternelle du moment, alors que la mortalité aux autres âges résulte aussi en partie des conditions passées.

Taux de mortalité infantile de 1745 à 2024

Champ : France hexagonale.
Source : 
Insee, statistiques de l’état civil.
Gilles Pison, 2005, "France 2004 : l’espérance de vie franchit le seuil de 80 ans", Population et Sociétés, n°410

Lire le graphique

Ce graphique présente l'évolution du risque de décès entre la naissance et le premier anniversaire entre 1745 et 2024, période pendant laquelle on dispose des données nécessaires. Le taux de mortalité infantile est le rapport entre le nombre de décès d'enfants âgés de moins d'un an au nombre de naissances vivantes de l'année. Il s'agit donc plutôt d'une probabilité que d'un véritable taux. Avant l'instauration de l'état civil tel qu'on le connaît aujourd'hui (établit en 1792), on utilise les informations disponibles dans les registres paroissiaux, avec de fortes incertitudes sur la qualité des déclarations et une couverture incomplète. Ce n'est qu'à la fin du 19ème siècle que les statistiques de mortalité, notamment en ce qui concerne les nouveau-nés, deviennent fiables. Mêmes imparfaites, les données représentées ici ont le mérite de souligner les progrès considérables accomplis en matière de lutte contre la mortalité des enfants au cours de trois siècles passés.

Un taux de mortalité infantile divisé par 100 en deux siècles et demi

De 300 décès pour 1 000 naissances au milieu de 18ème siècle, la probabilité de décéder pour un enfant né vivant a été divisée par presque 100 pour atteindre 4 pour 1 000 en 2024. L'évolution du taux de mortalité infantile n'a pas été linéaire. La baisse a été très marquée pendant les deux ou trois dernières décennies du 18ème siècle avec une probabilité de décéder avant un an qui est passée de 300 à moins de 200 pour 1 000 entre 1745 et 1800. Elle s'est poursuivie plus lentement pendant la première moitié du 19ème siècle. Le taux est remonté ensuite du fait de la révolution industrielle et des conditions de vie détériorées dans les grandes villes pendant la seconde moitié du 19ème siècle, période au cours de laquelle il a fluctué entre 150 et 200 pour 1 000 au gré des bonnes et des mauvaises années, du fait notamment d'épidémies meurtrières (de choléra notamment) et des guerres. Le 20ème siècle a été marqué par des progrès remarquables qui se sont traduits par une baisse du taux de mortalité infantile de 150 pour 1 000 naissances vivantes en 1900 à moins de 5 en 2000, à peine interrompue par les deux guerres mondiales, les épidémies (comme la grippe espagnole de 1918-1919) et des vagues de chaleur, autrefois particulièrement néfastes pour les enfants.

Mais des inquiétudes pour la période la plus récente

Depuis le début du 21ème siècle, le taux de mortalité infantile fluctue entre 3 et 4 décès pour 1 000 naissances vivantes. Bien que très faible, cet indicateur est en France plus élevé que dans d'autres pays d'Europe de l'Ouest et du Nord. Après avoir atteint un minimum à 3,3 pour 1 000 en 2011-2012, il remonte régulièrement et atteint 4,1 pour 1 000 en 2024. Les raisons de cette augmentation demeurent pour le moment mystérieuses.

Taux de mortalité infantile

Champ : France hors Mayotte jusqu’en 2014 et France inclus Mayotte à partir de 2014.
(p) résultats provisoires à fin 2024.
(1) : Décès avant un an pour 1000 enfants nés vivants.
Lecture: Pour 1 000 nouveaux nés en 2024, 4,1 sont décédés avant leur premier anniversaire.
Source : Insee, statistiques de l’état civil.