Les familles en France en chiffres : mariages et Pacs
Les unions officialisées en quelques questions clés
Graphique : Nombre de mariages et de Pacs depuis 1990
Le nombre de mariages diminue mais l'augmentation de celui des Pacs dépasse largement la diminution du nombre de mariages. Combien de nouvelles unions de chaque type sont-elles officialisées chaque année ? Quel effet la crise du Covid a-t-elle eu sur la célébration des unions ?
Tableau 1 : Indicateur conjoncturel de primo-nuptialité et âge moyen au premier mariage
Depuis 1965, se marie-t-on de moins en moins ? Que mesure la proportion annuelle de personnes ne s’étant jamais mariées ? Les femmes se marient plus jeunes que les hommes. Cet écart se réduit-il ?
Tableau 2 : Nombre de mariages et de Pacs
Depuis la création du Pacs (1999) et l’ouverture du mariage aux personnes de même sexe (2013), le nombre de ces unions s’est fortement accru. Combien sont enregistrées chaque année ? Y a-t-il encore plus de mariages que de Pacs ?
Nombre de mariages et de Pacs depuis 1990
Champ : France. À partir de 2014, y. c. Mayotte
Données provisoires pour le mariages en 2023, de 2018 à 2023 pour le Pacs
Sources:
Mariages : Insee, RETRO1 – Évolution du nombre de mariages selon le sexe des partenaires (https://www.insee.fr/fr/statistiques/6045409)
Pacs : Insee (Table Démographie - Nombre de Pactes civils de solidarité (https://www.insee.fr/fr/statistiques/serie/001686966)
Lire ce graphique
Cette figure représente le nombre annuel de mariages et de pactes civils de solidarité (pacs) depuis 1990. La courbe représentant le pacs n’apparaît qu’à partir de 1999, année de sa création (loi n°99-944 du 15 novembre) ; celle représentant l’ensemble des mariages quel que soit le sexe des conjoints débute en 2013, année de l’ouverture du mariage aux couples de même sexe (loi n°2013-404 du 17 mai).
Le nombre annuel de mariages était proche de 300 000 en 1990 et est resté relativement stable jusqu’au début des années 2000. Une érosion continue apparaît ensuite, à mesure que le nombre de pacs augmente, traduisant un report du mariage vers le pacs pour un certain nombre de couples. Pour autant, l’augmentation du nombre annuel de pacs dépasse largement la diminution du nombre de mariages, illustrant le succès du pacs qui a aussi séduit des couples qui ne se seraient pas mariés (il convient cependant de noter que certains couples se pacsent avant de se marier dans un second temps).
Depuis 2013, le nombre annuel de mariages entre conjoints de même sexe est de l’ordre de 7 000, soit environ 3 % des mariages. La part de couples de même sexe parmi les pacsés est un peu plus élevée, de l’ordre de 5 %, à l’exception des premières années où elle était bien plus élevée, le pacs ayant alors offert aux couples de même sexe une première possibilité d’officialiser leur union générant un effet de rattrapage.
Bien que le mariage demeure la forme d’union la plus fréquente en France (en 2022, 72 % des couples étaient mariés, 19 % vivaient en union libre et 9 % étaient pacsés) [1], cela tient à un effet de stock : de nombreux couples mariés ont officialisé leur union bien avant la création du pacs. De façon transversale, le nombre annuel de pacs et celui des mariages sont désormais proches et en 2020, année de la pandémie de la Covid, le nombre de pacs (173 894) a même dépassé celui des mariages (154 581).
Des fluctuations sujettes à des évènements spécifiques
Il s’agissait cependant d’une année particulière dans la mesure où le confinement associé à la Covid s’est accompagné de l’impossibilité de se marier puis de restrictions quant au nombre d’invités, conduisant à de nombreuses annulations ou reports des célébrations. Ces restrictions ont moins affecté le pacs, ce dernier étant plus souvent célébré en petit comité et a pu continuer à être conclu par l’intermédiaire des notaires à distance.
D’autres événements conjoncturels peuvent influer sur le nombre de célébrations de mariages ou de contractualisations de pacs. Entre 2010 et 2011 notamment, une nette cassure apparaît dans le nombre de pacs enregistrés (passant de 205 550 à 152 213). Cela tient à deux événements : d’une part, à l’élargissement de l’enregistrement des pacs auprès des notaires alors qu’auparavant, il ne pouvait se faire qu’auprès des tribunaux. Cela a probablement généré un défaut de remontée des statistiques anonymes par le conseil supérieur du Notariat, donc conduire à une sous-estimation des pacs dans la statistique officielle, effet qui a pu perdurer quelques années (depuis novembre 2017, le pacs peut aussi être enregistré en mairie). D’autre part, une réforme fiscale (loi n°2010-1657 du 29 décembre 2010 de finances pour 2011) a mis fin à la triple déclaration qui pouvait procurer à certains couples un avantage en termes d’imposition l’année de l’officialisation de leur union (certains l’ont anticipée en se pacsant ou en se mariant en 2010). Cela pourrait également rendre compte de la diminution, certes bien plus modeste, du nombre de mariages célébrés en 2011 (236 826 contre 251 654 l’année précédente).
D’autres évènements, plus symboliques, transparaissent aussi dans les tendances observées, avec par exemple un pic des mariages en 2000 (seuil de 300 000 qui n’avait plus été atteint depuis 1983), probablement en raison du changement de millénaire. Ces fluctuations agissent toutefois de façon ponctuelle, par effet d’anticipation ou de report de quelques mois, de semaines voire de jours, comme on peut l’observer à un niveau plus fin à partir de la répartition journalière des évènements. Alors que les mariages ont principalement lieu les week-ends, un léger pic des mariages apparaît par exemple le mercredi 12/12/2012, le mercredi 9/09/2009 etc., ou encore, de façon plus récurrente, le 14 février, jour de la Saint-Valentin.
Références
[1] Conseil d’orientation des retraites, 2025, Droits familiaux et conjugaux de retraite, rapport du COR, Novembre.
[2] Barbieri M. (Coord.) et Cayouette-Remblière J. et al., 2025, L’évolution démographique récente de la France : Une évolution démographique contrastée entre espaces ruraux et espaces urbains, Population, vol. 80, n°4, 2025.
Télécharger les données du graphique [XLSX]
Tableau 1. Indicateur conjoncturel de primo-nuptialité et âge moyen au premier mariage.
Champ : France hexagonale.
(p) : données provisoires (pour le nombre de mariages en 2023 en France entière).
Lecture : En 2010, selon cet indicateur, 48 % des femmes d’une génération se marieraient au cours de leur vie dans l’hypothèse où les comportements observés dans l’année à chaque âge se maintiendraient durablement. 52 % resteraient alors célibataires (au sens de l’état matrimonial). Dans ces conditions, l’âge au premier mariage féminin s’établit à 30 ans.
Sources:
Indicateur conjoncturel de primo-nuptialité : Insee (https://www.insee.fr/fr/statistiques/8210149)
Âge moyen au premier mariage : Insee (https://www.insee.fr/fr/statistiques/7746162)
Téléchargez le tableau [XLSX]
Pour plus de précisions
Tableau 2. Nombre de mariages et de Pacs
Champ : France entière. À partir de 2014, France entière y. c. Mayotte.
* : données provisoires.
Sources :
Nombre de mariages : Insee, RETRO1 (https://www.insee.fr/fr/statistiques/6045409)
Nombre de Pacs : INSEE, Nombre de Pactes civils de solidarité (https://www.insee.fr/fr/statistiques/serie/001686967)