634-Devenir parent sans vivre en couple : une situation fréquente en outre-mer
La part de familles monoparentales augmente. La plupart d’entre elles font suite à une séparation, mais pas toujours. C’est le cas lorsqu’un enfant naît alors que la mère vit sans conjoint. Cette situation est bien plus fréquente en outre-mer que dans l’Hexagone. L’auteur décrit les caractéristiques ainsi que les parcours de conjugalité et de fécondité de ces parents vivant hors couple lors de l’arrivée de leur premier enfant (1).
Résumé
Les familles monoparentales sont deux fois plus fréquentes dans les départements et régions d’outre-mer qu’en Hexagone. Elles tiennent très souvent à l’arrivée d’un enfant hors couple. Plus d’un tiers des femmes nées entre 1941 et 1980 ont eu leur premier enfant sans vivre en couple dans les Drom. Ces naissances sont plus précoces, plus fréquentes pour les mères peu diplômées ou issues de milieux défavorisés. Elles sont souvent suivies par d’autres naissances hors couple.
En 2023, le niveau de fécondité est proche aux Antilles et dans l’Hexagone (1,66 enfant par femme en Martinique et 1,88 en Guadeloupe contre 1,64 dans l’Hexagone), un peu plus élevé à La Réunion (2,5) et davantage encore en Guyane (3,3). Les formes familiales sont singulières dans les départements et régions d’outre-mer (Drom), avec une part plus élevée de familles monoparentales (un parent élevant seul ses enfants) et des parcours spécifiques qui y conduisent.
Près d’une famille sur deux est monoparentale dans les outre-mer
Parmi les familles comptant au moins un enfant mineur, la part de familles monoparentales est deux fois plus importante dans les Drom que dans l’Hexagone (46 % contre 23 % en 2021). Des variations importantes apparaissent entre les territoires ultramarins (figure 1), comme entre départements dans l’Hexagone. Plus d’une famille sur deux est monoparentale aux Antilles (54 % en Martinique, 52 % en Guadeloupe). Ces familles représentent 47 % en Guyane et 39 % à La Réunion. Elles sont aussi un peu plus souvent composées d’une mère élevant seule son ou ses enfants (dans plus de neuf cas sur dix dans les Drom contre huit cas sur dix dans l’Hexagone) que d’un père vivant avec ses enfants.
Entre 2006 et 2021, la part de familles monoparentales a continué de progresser en France hexagonale et dans les Drom dans des proportions similaires (+ 27 %). La progression a néanmoins été plus forte à La Réunion (+ 35 %) et moindre en Guyane (+ 21 %).
Dans les Drom, les premières naissances ont souvent lieu en dehors d’un couple
Alors que dans l’Hexagone l’entrée dans la monoparentalité fait généralement suite à une séparation, dans les Drom, elle relève d’autres logiques que l’enquête Migrations, famille et vieillissement permet de décrire (encadré). Les naissances hors couple sont bien plus nombreuses dans les Drom : 44 % des femmes ayant accouché en 2021 sont dans cette situation contre 8 % dans l’Hexagone [1].
Arnaud Régnier-Loilier, Population & Sociétés, 634, juin 2025, Ined.
Lecture : En Guadeloupe en 2021, 52 % des familles avec au moins un enfant mineur sont des familles monoparentales (un parent vivant seul avec ses enfants).
Champ : Familles avec au moins un enfant mineur (ménages ordinaires).
Source : Insee, enquêtes annuelles de recensement*.
* L’auteur remercie Didier Breton pour le calcul de ces estimations. On a considéré ici que les ménages constitués de « deux familles : autres cas que deux couples » comportaient la même proportion de familles monoparentales que les autres ménages.
