La mortalité en France en chiffres : variations selon le sexe, l'âge et le diplôme
Les différences de mortalité en quelques questions clés
Graphique : Quotients de mortalité par âges détaillés et sexe (2020-2022)
Quels sont les risques de décéder à chaque âge ? A quel moment de la vie la mortalité est-elle la plus basse ?
Tableau : Espérance de vie à 35 ans et 65 ans par diplôme selon le sexe (2020-2022)
Combien d’années peut-on espérer vivre après 65 ans ? Quels sont les écarts d’espérance de vie selon le milieu social ?
Quotients de mortalité par âge en 2022-2024
Champ : France hors Mayotte jusqu'en 2013, France inclus Mayotte à partir de 2014.
Source : Insee, statistiques de l'état civil et estimations de population.
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Ce graphique présente l'évolution du risque de décès entre la naissance et le premier anniversaire entre 1745 et 2024, période pendant laquelle on dispose des données nécessaires. Le taux de mortalité infantile est le rapport entre le nombre de décès d'enfants âgés de moins d'un an au nombre de naissances vivantes de l'année. Il s'agit donc plutôt d'une probabilité que d'un véritable taux. Avant l'instauration de l'état civil tel qu'on le connaît aujourd'hui (établit en 1792), on utilise les informations disponibles dans les registres paroissiaux, avec de fortes incertitudes sur la qualité des déclarations et une couverture incomplète. Ce n'est qu'à la fin du 19ème siècle que les statistiques de mortalité, notamment en ce qui concerne les nouveau-nés, deviennent fiables. Mêmes imparfaites, les données représentées ici ont le mérite de souligner les progrès considérables accomplis en matière de lutte contre la mortalité des enfants au cours de trois siècles passés.
Un taux de mortalité infantile divisé par 100 en deux siècles et demi
De 300 décès pour 1 000 naissances au milieu de 18ème siècle, la probabilité de décéder pour un enfant né vivant a été divisée par presque 100 pour atteindre 4 pour 1 000 en 2024. L'évolution du taux de mortalité infantile n'a pas été linéaire. La baisse a été très marquée pendant les deux ou trois dernières décennies du 18ème siècle avec une probabilité de décéder avant un an qui est passée de 300 à moins de 200 pour 1 000 entre 1745 et 1800. Elle s'est poursuivie plus lentement pendant la première moitié du 19ème siècle. Le taux est remonté ensuite du fait de la révolution industrielle et des conditions de vie détériorées dans les grandes villes pendant la seconde moitié du 19ème siècle, période au cours de laquelle il a fluctué entre 150 et 200 pour 1 000 au gré des bonnes et des mauvaises années, du fait notamment d'épidémies meurtrières (de choléra notamment) et des guerres. Le 20ème siècle a été marqué par des progrès remarquables qui se sont traduits par une baisse du taux de mortalité infantile de 150 pour 1 000 naissances vivantes en 1900 à moins de 5 en 2000, à peine interrompue par les deux guerres mondiales, les épidémies (comme la grippe espagnole de 1918-1919) et des vagues de chaleur, autrefois particulièrement néfastes pour les enfants.
Mais des inquiétudes pour la période la plus récente
Depuis le début du 21ème siècle, le taux de mortalité infantile fluctue entre 3 et 4 décès pour 1 000 naissances vivantes. Bien que très faible, cet indicateur est en France plus élevé que dans d'autres pays d'Europe de l'Ouest et du Nord. Après avoir atteint un minimum à 3,3 pour 1 000 en 2011-2012, il remonte régulièrement et atteint 4,1 pour 1 000 en 2024. Les raisons de cette augmentation demeurent pour le moment mystérieuses.
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Espérance de vie (en années) selon le diplôme et le sexe
Champ : France
Lecture : A 65 ans, les hommes non diplômés peuvent encore espérer vivre 16,7 ans.
Source : Insee, Échantillon Démographique Permanent et état civil 2020-2022.