Intervenante : Richelli Afonso (doctorante, ATER EHESS-CERCEC (Centre d'Etudes Russes, Caucasiennes, Est-europénnes & Centrasiatiques), membre associée au CREE) ; discutante : Sophie Hohmann (maîtresse de conférences à l’INALCO)
Cette communication s’intéresse à l’articulation des migrations internes et internationales en contexte tadjikistanais contemporain. Elle s’appuie sur une thèse en cours menée auprès de travailleuses villageoises à Douchanbé, au sein de deux métiers urbains fortement investis par des femmes « du village » : le balayage et le jardinage. Ces migrations internes féminines s’inscrivent, plus largement, dans une société post-soviétique façonnée par des migrations majoritairement masculines vers la Russie, et dont la part de population rurale, fortement tributaire des remises migratoires, ne cesse de s’accroître. A partir de 7 mois de terrain doctoral à Douchanbé et d’une centaine d’entretiens biographiques, cette communication propose d’analyser l’articulation de différentes mobilités qui traversent la société tadjikistanaise, en interrogeant la façon dont les migrations internes étudiées composent le champ migratoire qui recouvre les circulations entre le Tadjikistan et la Russie. Il s’agira de montrer comment les migrations internationales des proches (parents, fratrie, enfants) composent, voire déclenchent, les bifurcations qui s’opèrent au niveau des trajectoires résidentielle, familiale et professionnelle des migrantes internes rencontrées. Les mobilités en chaîne ne sont qu’une des formes que peut prendre l’articulation entre migrations internationales et internes, ce que cette communication propose d’analyser à partir d’exemples de trajectoires issus du terrain et de représentations (bio)graphiques originales.