Intervenante : Julie Tréguier (chercheuse postdoctorale à l'Institut allemand d'études économiques, membre Berlin Scholl of Economics, chercheuse affiliée IPP) ; discutante : Emmanuelle Cambois (directrice de recherche Ined aux Unités DémoEco & MSE)
Cette présentation portera sur les conséquences du veuvage sur la santé mentale et sur le rôle protecteur des prestations de veuvage. En mobilisant des données administratives néerlandaises et une approche en différences-en-différences, nous mettons d’abord en évidence une nette détérioration de la santé mentale après le décès du conjoint, mesurée par une hausse significative de la consommation d’antidépresseurs (+2,3 points de pourcentage, soit +23 % en moyenne sur les trois années suivant le décès). Cet effet est plus marqué parmi les individus à faibles revenus.
Nous analysons ensuite le rôle des prestations de veuvage en évaluant les effets de la réforme de 1996, qui a fortement restreint l’accès à l’assurance veuvage publique, sur la consommation d’antidépresseurs. Nos résultats montrent que la réforme explique environ 0,9 point de pourcentage, soit près de 38 % de l’augmentation moyenne de la consommation d’antidépresseurs observée après le veuvage. Les effets de la réforme se concentrent chez les individus disposant de ressources limitées – faibles revenus, faible patrimoine ou faibles prestations de veuvage privées.
Dans l’ensemble, nos résultats soulignent que la protection sociale joue un rôle essentiel pour atténuer les effets délétères des événements biographiques, tels que le veuvage, sur la santé mentale des personnes disposant de ressources économiques limitées.